Au fil de mes flâneries ( virtuelles ou non ), de mes rencontres, de mes balades en bateau, de mes pelotes de laine et de mon crochet, j'ai envie de vous faire partager tout ce qui me
passionne, m'émerveille, me donne une envie furieuse de faire….
et puis mes modestes réalisations...
et. puis, (je ne peux pas m'empêcher) quelques réflexions et grogneries quand je replonge dans le quotidien, pas si drôle que ça, ma brave dame ...
Etranges étrangers
Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel hommes de pays loin
cobayes des colonies
doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d'Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d'Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manoeuvres désoeuvrés Polaks du Marais du Temple des Rosiers
Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère
rescapés de Franco
et déportés de France et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
la liberté des autres
Esclaves noirs de Fréjus
tiraillés et parqués
au bord d'une petite mer
où peu vous vous baignez
Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille boite à cigares
et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé
la prise de la Bastille le quatorze juillet
Enfants du Sénégal
départriés expatriés et naturalisés
Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
de jolis dragons d'or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
qui dormez aujourd'hui de retour au pays
le visage dans la terre
et des bombes incendiaires labourant vos rizières
On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos
Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez, même si vous en mourez .
J’ai entendu, il y a quelques jours, sur France Inter, je crois… une sombre histoire qui m’a rappelé ce qui s’était passé dans les années 60 à l’Ile de la Réunion … Je croyais que ce mensonge
fait aux parents de ces enfants réunionnais par l'Etat français avait un caractère unique, et bien non, c’est l’histoire qui se répète …le déracinement d'enfants des
colonies envoyés de force en métropole, ce n'était pas la première édition.
Je ne voudrais pas dire d’énormités sur un sujet aussi grave …
Pour l’Ile de la Réunion, ça a été dénoncé, on connaît l’Histoire, ( plus de 1600 enfants de tout âge) et on trouve donc des traces, des documents, des témoignages, des
jugements, des recherches se font, desfamilles se retrouvent ( quelque 40 ans plus tard )
Pour les enfants d’Indochine, (où alors je n’ai pas les bons mots clés) je ne retrouve pas ce que j’ai entendu dans cette émission.
C’est dans les années 50 … quelques 10 à 15 ans avant l’île de la Réunion … La France présente en Indochine, y fait la guerre … (1946-1954)… On présente à des parents, ou bien seulement aux mères
(quand il n’y a plus de père, disparu ou décédé), le projet : Il s’agit d’aider leurs enfants à avoir une bonne éducation, une bonne culture.. C’est possible en
Indochine, mais un papier leur est présenté : si l’enfant doit partir en France, il n’y aura pas de possibilité de recours …
Ce que je trouve sur Internet, ce sont l’histoire de villages comme celui de Noyant, dans l’Allier, où fut tout d’abord construit un centre pour rapatriés …Mais, qui sont ces "rapatriés" ? Certains le sont réellement, ceux qui, nés en France, partirent comme militaires dans les pays de l'ex-Indochine
française. Démobilisés sur place, ils s'y marièrent à des femmes du pays, en eurent des enfants. Pour ceux-là, leur venue en France est un rapatriement. Pour leurs épouses, par contre, et, d'une
manière générale, pour tous ceux qui sont nés au Viêt-Nam, au Cambodge, au Laos, à Pondichéry, métis, quarterons, Vietnamiens naturalisés ou Indiens citoyens français des Comptoirs il s'agit
plutôt d'une expatriation, d'un exil. Pour les enfants, d'une transplantation.
Quelles sont les motivations des gouvernements successifs, ces bons Pères de France : Pour Michel Debré, alors député de la Réunion, en 1963, il s’agit de repeupler un
département français, la Creuse … le tout empaqueté dans de “ bons sentiments ” …
Quelques dix ans auparavant, pour l'Indochine, la France se reconstruisait …
Je ne suis ni d’origine asiatique, ni réunionnaise, et pourtant ça m’intéresse .. je me sens « liée » (encore !) par ces parcours de vie, ces souffrances,
ces révoltes … c’est une histoire universelle …Mais ce n'est pas pour remuer des bons sentiments. C'est plutôt une histoire de nécessaire vigilance, de veille ....
Un peu de déprime ... beaucoup de vent, pas beaucoup de soleil .... il ne fait pas très chaud, pourtant nous sommes le 23 juin ... Je prépare le repas pour ma tablée ...
Coup de fil .... sympa, qui vous stimule ... je suis dans le coin, j'ai envie de passer, je peux ? super, je n'ai pas vu Marie depuis deux-trois mois, mais c'est toujours avec plaisir
qu'on se retrouve, entre filles, moi qui vit dans ma maison envahie par les mecs,( ils sont quatre, ou cinq suivant les heures et les jours et moi je suis la seule représentante
féminine) et elle qui a simplement envie de papoter, de se raconter ( un tout petit peu ) ... On se retrouve toujours avec des pensées communes, des confidences qui ne font rire que nous, et
des territoires de proximité, de connivence qui nous étonnent ...
et aujourd'hui, cerise sur le gateau .... un ptit rosier miniature, rigolo parce que ce qui ne se voit pas sur la photo, ce sont les couleurs des boutons, rose pour certains, jaune pour d'autres
... plusieurs pieds dans ce petit pot ...( Il faut que je me décide à savoir faire des photos...)
Marie m'a dit que je pourrais le replanter dans le jardin ... je suis un peu inquiète ... je n'ai jamais réussi à garder un rosier au delà de sa floraison ... et là, j'ai pour mission de le faire
pousser ... mais pour le rosier de l'amitié, qu'est ce que je ne tenterais pas !
Je l'ai revue ... je me suis échappée quelques instants en activant ma pompe à souvenirs pour retrouver les rues, leurs noms et mes fantômes ... l'Eglise est toujours là ( je ne sais pas d'ou je
sortais qu'elle avait été déplacée et reconstruite ) mais elle était emmaillotée ... Je ne l'ai pas vraiment reconnue ...en fait, ce n'était pas elle qui avait été déplacée, mais la fontaine, et
reconstruite après qu'un parking ait été fait en sous sol
j'ai arpenté la rue des Canettes, je me suis retrouvée à mabillon et j'ai repris ensuite le métro à saint-germain des Prés .... parcours très rapide ( une petite halte moules-frites) et pfitt, je
suis repartie, nostalgique, frustrée ... mais les copines m'ont aidé à faire fuire ce temps qui n'est plus, ces images, ces instants qui étaient venus me troubler et je me suis retrouvée dans
mon hôtel
plus de temps pour le marché aux fleurs, pour les bouquinistes ... c'est quoi le numéro de ma chambre ?
Un petit tour en tgv, et hop, je suis à la capitale ...
Il ne fait pas meilleur ici.. l'hôtel est glauque, les lumières donnent une ambiance carcérale, le métro part sur ses chapeaux de roue et freine trop brusquement ... Je me ramasse une dame sur les
genoux, ce qui amortit sa chûte, mais j'ai mal à l'épaule ... je me demande : un obstacle ou bien un passe-temps ...? je suis de bien méchante humeur, et du coup, je vois le mal
partout...
Avant de repartir, j'irais voir la place St Sulpice pour voir si c'est toujours comme dans mon souvenir ... il me semblait avoir lu qu'il y avait eu des travaux
( construction d'un parking, je crois) Je me souviens d'un café à l'angle de la rue des Canettes ... bon je vais aller vérifier tout ça ...
avant de repartir, je voudrais faire les bouquinistes ... mais ouvriront-ils si le temps est toujours maussade ?
Avant de repartir, je voudrais aller au marché aux Fleurs, je voudrais humer
Montparnasse en ayant l'impression de rentrer chez moi, je voudrais faire un détour par le quartier latin pour voir ce qu'il y a à la place de Maspéro, je voudrais mais je n'aurais pas le
temps, et je reprendrais le tgv dans l'autre sens.
Dans le TGV, je serais installée - comme à l'aller - dans un carré ... j'aime bien les carrés on est quatre, avec plus de place pour s'installer,ouvrir les tablettes, allonger les jambes. On
est plutôt deux fois quatre , à partager la même aventure, le petit gamin qui pleure, la porte du couloir qui se bloque, le téléphone de la dame qui sonne, mais aussi une complicité de
regards, de sourires.... Communauté d'un instant - le temps du trajet - interrompue par la voix du chef de train qui annonce l'arrivée à Paris, et où chacun, immédiatement se
referme sur sa propre vie, récupère ses bagages en vérifiant de n'avoir rien oublié ...mais, parfois, on se dit même au revoir, bonne journée ...
Rien àvoir avec la promiscuité d'un duo où l'on regarde dans la même direction, où soigneusement on évite de déranger l'inconnu qui est à côté de nous, où le partage de l'accoudoir est toujours
problématique... et puis, si l'autre est accompagné de son ordinateur portable, comment éviter de regarder ce qu'il fait, comment rester chacun sur son territoire ?
Pourquoi l'espace personnel qui nous est nécessaire ( notre bulle quoi !) n'a pas la même dimension suivant la place que l'on occupe dans un train ... ? Est-ce ma vision des choses, ou bien la
partagez-vous ?
je ne suis qu'une retraitée active ( c'est pas toujours gagné!) j'ai plein de choses à faire, à voir, à dire, au travers de mon hublot ... je vous emmène ....
je suis inscrite à
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